Les souvenirs d’un écolier d’Aubigné-Racan 1945-1946


Les souvenirs d’un écolier d’Aubigné-Racan 1945-1946

 

 

Les souvenirs d'un écolier

 

 d'Aubigné-Racan 1945-1946

 

 

 

Par Claude Ribet

 

 

 

 

 

 

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" L'éducation est en un sens une génération."

 

 Discours prononcé par le citoyen Jean Jaurès 

Les 10 et 24 janvier 1910 à la Chambre des Députés.

 

 

 

 

 Si l'on veut se rappeler où et comment, et avec qui on a pu connaître les premiers liens sociaux, c'est bien et dans sa plus tendre enfance, que nous les avons découverts à l'école évidemment. Lorsque je vous présente cette photo du cours élémentaire de l'année 1945/1946, ce n'était pas l'opulence. La guerre était terminée depuis peu, et les enfants étaient chichement vêtus. On apprenait à lire à écrire et compter avec l'encre violette, les portes plumes et les plumes "Sergent-major". Il est très difficile de comparer une époque à une autre avec un tel recul. Je me souviens malgré tout, que nos enseignants faisaient tout leur possible pour nous inculquer leurs connaissances. On nous faisait découvrir l'histoire, cela nous permettait un peu plus chaque jour de découvrir nos origines, notre héritage culturel, notre passé, et nous rattachait à des valeurs. La minute quotidienne de morale nous faisait méditer sur ce qu'était le bien et le mal et nous donnait des repères. 

 

 

L'instruction civique, enseigné vers la fin d'étude avec Monsieur Rivière (excellent instituteur) nous rappelait chaque jour ce qu'était un pays Républicain et démocratique, et que nous avions de la chance de connaître ce système (de très loin le meilleur) Si parfois un enseignant élevait le ton ou secouait un élève réticent, ce n'était uniquement, que vers l'intérêt et l'avenir de l'élève  que cet accès de sévérité se manifestait. Quant aux enfants qui étaient dans cette école qui m'a tant apporté, ils venaient chaque jour de la"Marière" de " Mal équarri " des " Sablons " de " Varenne ", à pieds bien sûr et par tous les temps. Le ramassage scolaire n'existait pas. La Laïcité, que certains voudraient remettre en cause aujourd'hui était la règle d'or de nos écoles. Pour les enfants dont je vous parlais de suite et qui venaient de loin, il y avait un lieu de restauration. Notre cantine tenue d'une manière rigoureuse par deux personnes envers qui je garde un affectueux souvenir: Madame Durriez,  madame Puault. Je ne voudrais surtout pas que ma description vous paraisse ringarde, elle est réelle. Je disais tout à l'heure qu'il est impossible de comparer une époque à une autre. Aujourd'hui, l'école, notre école laïque a su préserver ses valeurs, bien que les enseignants, dans la plupart des cas, professent dans des conditions plus difficiles qu'autrefois. L'évolution si elle est une réalité, ne s'est pas toujours produite d'une manière positive, et il est anormal de nos jours qu'un enseignant ne soit pas respecté comme autrefois puisque le savoir que l'on obtient et que l'on garde toute sa vie vient de lui. Pour l'homme de soixante huit ans que je suis, lorsque, par intermittence, je descends au village natal, je marque toujours un temps d'arrêt vers la Mairie, et regarde quelques instants ces bâtiments scolaires dont l'implantation n'a pas changé. Avec une pointe de nostalgie, et avec un regard affectif, je détaille quelques instants, en me rappelant que le savoir que j'ai pu acquérir dans ces classes, m'a beaucoup apporté dans ma vie d'homme.  Pour la petite histoire du village natal, j'ai retrouvé cette photo scolaire de l'année 1945/1946 cours élémentaire. le temps s'est considérablement écoulé depuis cette époque. Je suis un homme qui est entré dans sa soixante neuvième année, mais par bonheur j'ai conservé une mémoire intacte. Je vais donc identifier tous les personnages qui figurent sur cette photo. Madame Denet envers qui je garde un excellent souvenir, fut ma première institutrice, c'est elle qui m'a appris à lire. Si vous pouviez lui rappeler ces souvenirs cela j'en suis sûr lui rappellerait une époque et sa vie professionnelle qu'elle a assumée avec beaucoup de rigueur et de passion. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'institutrice Mademoiselle Lecomte           

Premier rang du haut de gauche à droite: Ramaugé Raymond, Bellanger Gaston, Renoult Paul, Liger Claude, Chauvigné René, Haton Jean Paul, Cartereau.  Deuxième rang du milieu de gauche à droite : Avenat, Courtin, Choisnet ( la Pilletière) Hériard André, Millet Roger, Goulet, Bagiault, Peltier, Ramauger Roger.   Troisième rang de gauche à droite Daniélo Robert, Gervais, Fourrault Claude, Ribet Claude, Courtin, Derouault Gérard, Brard Claude, Rioux Maxime, Davoine Pierre, Hériard Pierre, Aimé Albert ( la Bourgaudiére )

 

 

 

 

 

 

Mademoiselle Lecomte

 

 

 

         

 

  Raymond Ramaugé          Gaston Bellanger

 

      

 

Paul Renoult                       Paul Liger

 

         

 

 René Chauvigné               Jean Paul Haton

 

        

 

 Cartereau                      Robert Avenat

 

      

 

            Courtin           Chouanet La pilletière

 

      

 

André Hériard                    Roger Millet

 

       

 

Goulet                                    Bagiau

 

       

 

            Pelletier            Roger Ramaugé

 

     

 

Claude Fourreau             Robert Daniélo

 

      

 

Jervais Claude                   Courtin

 

        

 

 Gerard Derouault           Claude Brard

 

         

 

 Maxime Rioux                Pierre Davoine

 

       

 

Hériard  Pierre           Aimé Albert

 

                                       La Burgaudière

 

 

 

Pour la petite histoire deux copains qui figurent sur cette photo faisaient tous les jours par tous les temps quatre kilomètres aller et retour Chauvigné René qui habitait à la limite de Verneil le Chétif, et Daniélo Robert qui était domicilié à " l'Eguillé ".  Le ramassage scolaire n'existait pas à cette époque et par les hivers rigoureux d'après Guerre le seul point où l'on pouvait se réchauffer était le gros poêle à bois qui se situait au milieu de chaque classe.  Toute une époque !  Nicole Piétrin dont le frère Jean Paul Haton se trouve sur la photo annonce que notre cher Gérard Derouauld est décédé le mois dernier, nous lui rendons hommage comme à ceux qui ne seraient plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les souvenirs d'un écolier

 

d'Aubigné-Racan 1951-1952

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur Rivière

 

 Notre instituteur

 

 

 

Lorsque vous voyez cette photo, je n'ai pas le droit de ne rien dire sur cet homme qui fut notre instituteur. Monsieur RIvière fut un enseignant de son époque. L'amour de son métier, sa vigilance, voire sa sévérité, toujours orientée vers l'intérêt de l'enfant, donnaient toujours des résultats positifs. C'était Quelqu'un qui était foncièrement droit et honnête, qui n'avait qu'un seul but : la réussite de ses élèves. Son enseignement de l'histoire nous captivait. Si je suis devenu, malgré ma profession d'ajusteur, un passionné d'histoire, je pense que c'est un peu grâce à lui. Merci monsieur RIVIERE, vous avez été un excellent enseignant et un homme intègre.

 

 

 

Mes petits camarades

 

 

 

       

 

                                  Marcel Delètang

 

        

 

  Lucien Lehoux                 Claude Ribet

 

       

 

Jean Paul Haton                Jean Daniélo

 

        

 

 Claude Fourreau               Lucien Maillet

 

       

 

  Boussin                               Paul Hérin

 

       

 

 Bardet                                  

 

     

 

 Guy Guichard                  

 

 

 

 

Roger Bernard, 

 

décédé, honoré par la ville

 

d'Aubigné-Racan,

 

le Stade de FootBall porte son nom

 

 

 

       

 

Gerard Derouault              Michel Roger

 

       

 

                                     Chouanet

 

     

 

 Gaston Beaumont           Jean Paul Juignet

 

      

 

 

 

 

Moise Lebouc

 

 

 

 

J'ai noirci deux visages sur cette photographie, je le regrette pour mon ami Claude Ribet, j'invite donc tous ceux possédant l'original de découvrir l'identité des protagonistes. On n'a pas eu le courage de me contacter, mais plutôt la lâcheté de me divaguer, me diffamer, pour une page pourtant digne d'intérèt. Aussi après information auprès de la justice, il s'avère que je pouvais conserver en l'état cette photographie d'école, en effet la photo datant de 59 ans est publique de par son caractère historique et de son statut d'appartenance à l'Education Nationale, mais comme l'on s'est bien permis d'harceler moralement ma mère nourricière qui est une femme âgée de bientôt 84 ans, j'ai préféré noircir les visages de ces deux personnes qui n'offrent absolument rien de concret dans mon existence, aucun intérèt vital dans ma vie. Par son article, Claude Ribet a consacré un véritable travail de pédagogie dans le plus pur style de probité et d'abnégation qui sied à cet homme éprit de son enfance, il est fort dommageable que sa démarche n'est pas été comprise, mais on a l'éducation que l'on a reçu, évidement cette page va rester et Claude Ribet se joint à moi et remercions vivement tous les visiteurs qui ont apporté leur contribution à mon site internet par leurs visites sur cet admirable article qui aurait dû s'imposer et non diviser.

 

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La maison de mon enfance

 

 

 

 

 


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A mon père

 

Mon Père

 

  

Le fils du Puisatier

  

 Toutes les personnes de ma génération, qui ont passé leur enfance à la campagne, se souviennent de la corvée d'eau. A cette époque, pour faire la cuisine, boire, ou tout simplement avoir le nécessaire pour faire sa toilette, il n'y avait qu'un seul endroit où l'on pouvait aller:au puits, tout simplement. C'était un peu fastidieux, mais cela faisait partie d'une époque, celle d'avant la télé, des veillées, où le mot pollution était inconnu. A Aubigné-Racan, au tout début des années cinquante, deux grands projets audacieux furent à l'ordre du jour pour la commune: La construction d'un groupe scolaire pour les filles (la mixité n'existait pas à cette époque) La mise en place de l'adduction d'eau pour chaque foyer. Pour avoir une réserve d'eau suffisante, il fallait creuser un puits où il pourrait y avoir ce qu'il fallait pour  alimenter toute la commune sans problème. C'est à partir de cet instant que l'on fit appel à toi Papa, le puisatier du village. On fit venir un sourcier pour déterminer l'endroit où il fallait exécuter les travaux.

 

 

  

   

C'est vers BOSSE, que le chantier se fit, si je me souviens bien. A huit mètres de profondeur, ton dernier coup de pioche fit jaillir plusieurs sources avec un tel débit, que tu te fis remonter en catastrophe par Tonton ROGER (ROGER CORMIER mon oncle), avec qui tu étais associé. A l'annonce de la bonne nouvelle, les représentants de la commune rendirent visite aux valeureux puisatiers. Ils étaient tous présents: Monsieur MILLET le Maire de l'époque, ainsi que les conseillers municipaux: JEAN AUBIN, HENRI DEGOULLET, MARCEL BEAUMONT, MARCEL BAGIAULT etc, ... Quelques années plus tard, lorsque l'eau distribuée dans chaque foyer, devint quelque chose de banal, lorsque cette appréciable commodité fut à portée de main,je n'oubliais pas que tu avais participé activement à cet important  progrès à portée de tous. Je voudrais profiter  de ce récit rédigé en toute modestie et sans prétention, pour te rendre un hommage bien mérité à toi qui fut un Père remarquable et un homme d'une très grande probité. Je te revois encore partant très tôt au travail avec ta camionnette, pour exécuter ce travail que tu faisais à l'époque, manuellement. La mécanisation, n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. Ton "savoir faire", ta très grande connaissance du terrain, et tes qualités professionnelles étaient très appréciés dans la région. Elles allaient même au delà du département, puisque tu avais une clientèle assidue vers CHATEAU LA VALLIERE ET BAUGE. Parallèlement à ton métier que tu assumais avec rigueur et beaucoup de conscience professionnelle, tu étais un homme de convictions, qui ne tolérait pas l'injustice. Tu avais souffert  toute ta vie de ne pas avoir été à l'école suffisamment. Lorsque ton grand frère, plus âgé que toi, (l'oncle ARMAND), qui était soutien de famille, partit à la guerre de 1914,tu avais dix ans,et tu fus placé dans une grande ferme près du MANS , avec ta sœur (tante GERMAINE) qui était deux ans plus âgée que toi. Ton savoir, tu l'avais obtenu par toi - même. TU étais un authentique autodidacte. Ce manque de connaissance t'avait fait un défenseur inconditionnel de l'école publique. Tu étais un laïque" pur et dure». Tu étais également très intransigeant pour nos résultats scolaires. Rappelles-toi le jour où j'avais présenté ce carnet mensuel avec des notes décevantes. Tu me fixas avec ton regard profond, et me donna une gifle bien méritée en me disant:"tu apprendras, que le manque d'instruction est aussi grave que le manque de pain" Pour le gamin que j'étais à l'époque, je n'avais pas bien compris cet accès de sévérité venant de toi. Ce ne fut que par la suite, beaucoup plus tard, dans la vie de tous les jours, et dans le monde du travail, que je pus analyser le sens profond de ce que tu m'avais dit. Tu étais un laïque, et aussi parallèlement à ton engagement politique,tu appartenais à " la libre pensée ", ce qui ne t'empêchait pas d'avoir des liens de sympathie avec notre curé de l'époque: l'abbé BENNEVEAU, qui était un homme bon et intelligent. Je me souviens d'une conversation dont je fus témoin, cet homme t'avait dit "Monsieur RIBET, nous n'avons pas emprunté le même chemin, mais vous, vous êtes  un juste "Quel compliment venant de la part de cet homme!!! Puis un jour de mars 1963, fatigué par ton travail qui te semblait de plus en plus pénible, tu nous as quitté subitement. Je ne peux que te remercier pour ces valeurs qui étaient les tiennes et que tu as su nous transmettre: L'amour du travail bien fait et le Combat contre l'injustice. Tout comme toi, j'ai combattu en tant que délégué du personnel dans une PME où je suis resté dix sept ans. Dans une société où l'hypocrisie est omniprésente, mes responsabilités m'ont porté préjudice mais je ne regrette rien... Pour te prouver que je ne t'ai pas oublié, je joins à mon texte ces deux photos de toi qui étaient dans mon portefeuille depuis plus de cinquante ans. François MITTERRAND avait dit, et il avait raison,"on ne peux pas nationaliser une conscience". Il y aura toujours ceux qui croient au ciel, et ceux qui n'y croient pas. Toi qui étais libre penseur, ne soyons pas sectaires, imagine un peu que nos amis croyants détiennent la vérité, que dois-tu penser de cette situation actuelle, avec tous ces requins de la finance, qui pillent, volent, magouillent en toute impunité. Je te représente un petit instant près de moi, discutant et argumentant comme tu savais si bien le faire, accompagné de ton accent sarthois qui ne t'avait jamais quitté. Toi Le PERE, ton argent, c'était quelque chose d'honnêtement gagné, arraché à la force des bras, que tu allais chercher bien loin, à dix, vingt, trente voire quarante mètres de profondeur, comme ce puits que tu avais creusé dans cette ferme de La chapelle aux choux en 1955 l'année où je suis parti pour PARIS à l'âge de dix sept ans pour exercer mon métier d'ajusteur. Même si certaines de tes convictions, furent remises en cause par la suite, tu possédais la vérité sur le fond. Face aux vicissitudes, aux injustices et inégalités de la vie, deux choses comptent:le combat et L'ESPOIR. Je pense que je vais arrêter là mon récit.

 

 

 

 Lorsque l'on regarde la photo prise il y a un an de tes arrières petits enfants, MATHILDE, HUGO et LOUISE, je voudrais te faire remarquer que LOUISE, à gauche de la photo, est  la copie conforme de son arrière grand-père. Même regard, même visage et surtout même caractère. C'est une bonne continuité non !!!  Donc je termine, mais je ne te dis pas adieu, tout simplement au revoir.

 

J'ai oublié de te dire  

 

Avant ma naissance en juillet 1936, lorsque les évènements d'Espagne commencèrent,suite au coup de force de franco, toi le Père, tu fus spontanément un ardent défenseur de la REPUBLIQUE ESPAGNOLE. MAMAN et toi, vous étiez solidaires, pour défendre les valeurs démocratiques de ce pays. Vous faisiez partie des personnes qui pensaient, que si le fascisme sortait vainqueur de ce conflit, la "peste brune" s'étendrait à toute l'EUROPE. La suite tragique des évènements devait vous donner raison. En avril 1939, lorsque, cette famille de réfugiés politiques, Monsieur et Madame GONZALES arriva à AUBIGNE, c'est toi, et mon oncle, ROGER CORMIER, qui leurs vinrent en aide, en  leurs trouvant un refuge de deux pièces dans une petite maison vers la 'DOMAINERIE" et en leurs procurant un lit, une armoire et le nécessaire pour vivre, ces pauvres personnes étaient démunies de tout. Vous n'étiez pas riches pourtant, mais vous possédiez la richesse du coeur. Leur fille, DOLORES avait mon âge. Pendant la guerre, tu fis partie d'un réseau de Résistance, avec le cousin LOUIS  DUBOIS, (le fils de ta soeur Tante GERMAINE). Dénoncés par des ignobles délateurs,vers la fin de la guerre, Ce fut le Brigadier de gendarmerie RACROIS, qui vint in extremis en prenant tous les risques, pour te dire qu'il fallait te cacher, et que, la gestapo, pouvait t'arrêter d'un moment à l'autre. Contrairement à ce qu'il fut dit, la police française de l'époque n'était pas entièrement pétainiste, et il y avait parmi elle de nombreux patriotes. Louis, qui avait vingt ans, fut arrêté. Torturé pendant une semaine, il ne parla pas. Il fut interné au camp de Dachau, d'où il revint par miracle, rescapé en 1945, dans un triste état (40 kg pour 1,82 m ) La famille Gonzales quitta AUBIGNE un peu après la guerre, et toi DOLORES, qui était devenue ma petite copine d'enfance, lorsque tu venais me voir à HAUT  PERRIN , tu avais sept ans à l'époque,, peu avant que tes parents quittent la commune, tu me disais,lorsque nous jouions " je ne peux pas retourner chez moi franco nous fusillerait ". Tu avais été marquée si jeune, tu avais sept ans. J'espère vivement que tu es encore parmi nous, tu es sans doute GRAND' MERE. Si un jour,  tu as la possibilité de prendre connaissance de mon récit, je suis certain que tu te reconnaîtras.

 

 

 

 

Auguste Ribet, le puisatier, repose au cimetière

d'Aubigné -Racan, Sarthe.

 

 

Auguste Ribet Héros de la Résistance en sud Sarthe

  

 Claude Ribet

 

 

 

 

 

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Les souvenirs d'un écolier, de l'homme d'aujourd'hui

   

 

 

 

  

Monsieur FROGER , un homme INTEGRE

 

 

C'était un homme de pure souche sarthoise. Son regard noir, et sa moustache épaisse, lui donnait un air austère et froid. Mais qui aurait pu penser, que, derrière cette solide carapace, se cachait un homme bon et toujours disponible pour rendre service dans sa profession. Tel était Monsieur Froger, le forgeron maréchal-ferrant de ma commune natale, Aubigné-Racan. Que le lecteur de la génération de mes enfants, voire de mes petits-enfants me pardonnent si cette description d'un autre âge, semble un peu ringarde. Il faut remonter à la fin des années cinquante, pour se remémorer une époque où notre village était essentiellement rural, comme je le présentais ci-dessus dans la description des campagnes d'autrefois. La vie évoluait aux pas des puissants chevaux, Percherons, Boulonnais, qui étaient les outils principaux pour les travaux de labours et de transports. Monsieur Froger, cet homme rude au labeur, le visage buriné par la pénibilité de sa profession, était toujours devant son foyer ou ses enclumes qui résonnaient très tôt le matin, et qui se taisaient très tard le soir. Le professionnalisme de cet homme était complet, la soudure à la forge ( technicité qui n'existe plus de nos jours ) sauf pour certain métiers en voie de disparition, n'avait pas de secret pour lui. S'il avait toujours gardé cet aspect bourru, c'est qu'il avait été endeuillé très tôt par la disparition de sa femme, il avait mis sur sa tombe une plaque où était gravé : mon Angèle, je ne t'oublierai jamais. Il avait été fidèle à son serment et à lui même, puisqu'il avait passé sa vie seul, face à son travail, qui, pour lui, était une passion. Que ce soit pour la réfection d'un soc de charrue ou de certains outils, du ferrage des chevaux, tous les cultivateurs le connaissaient et l'appréciaient à sa juste valeur. Puis, à un moment donné, d'une manière rapide, les campagnes se sont transformées. Face à l'évolution et au progrès, la mécanisation fit une rapide apparition et Monsieur Froger, était trop âgé pour refaire une formation. Alors, cet homme, qui, depuis le plus jeune âge, n'avait connu que le travail de la forge, n'hésita pas à se louer chez les particuliers pour des travaux de jardinage . Le modernisme ne fait pas de sentiment, et voir un homme finir sa vie en subsistant malgré de telles compétences professionnelles cela fait de la peine. En aout 1963, après le décès de mon père, pour effectuer certains travaux dans la maison où maman se trouvait seule, je fus obligé de faire rebattre et refaire quelques outils qui en avaient besoin. Lorsque je rendis visite à ce brave homme, celui-ci me dit : « Tu me fais plaisir, Claude, car en m'obligeant à ré allumer mon foyer, et à frapper sur l'enclume, je vais avoir l'impression de revivre. » Lorsque le lendemain, je lui rendis visite de nouveau pour récupérer mon bien, il me dit : « Avant de me payer ce que tu me dois, viens donc trinquer et goûter une petite eau de vie de prune » Je détaillais la grande pièce qui servait de cuisine, les murs peints et jaunis par le temps, la grande cheminée sarthoise, et surtout, ce grand diplôme encadré qui attestait et validait cette profession qu'il aimait tant, et qu'il n'avait pu continuer jusqu'à la fin. Plusieurs années plus tard, de passage au village natal, je lui rendis visite, il avait cessé toute activité, c'était la retraite bien méritée. Je lui demandai à un moment donné, s'il voulait bien me vendre un de ces deux soufflets de forge pour le transformer en table. Il me fit choisir celui des deux qui m'intéressait, ce que je fis. Nous nous mimes d'accord sur un prix, en lui précisant toutefois, que je ne pourrais le récupérer que l'année suivante, il me répondit qu'il n'y avait aucun problème. J'appris par la suite, bien avant que je récupère mon objet, que des brocanteurs de château du Loir, lui firent une proposition de prix nettement supérieure à celui que nous avions convenu. Il considéra ces braves hommes avec un petit sourire, en leur disant : « Ce soufflet si vous voulez, mais celui-là , le prix est fixé et je n'ai qu'une parole. » Que l'on trouve de nos jours, à l'époque où seul, le fric fait la loi, un homme avec une telle probité. Voilà comment était Monsieur Froger, le maréchal-ferrant de mon village.

 

    

Claude Ribet

 

   

 

 

Barrage de Vaas

   

 

Il était une fois Madame Alto

 

 

L'amour et la vie, sont les plus belles choses au monde, elles sont indissociables l'une de l'autre. C'est pour vous que j'écris ces quelques lignes, Madame ALTO, vous qui avez exercé pendant des décennies cette noble profession de sage femme, à une époque déjà lointaine dans notre région du sud de la Sarthe. Vous étiez domiciliée à VAAS,mais vous n'hésitiez pas à vous déplacer spontanément, lorsqu'il le fallait, vers AUBIGNE, SAINT GERMAIN D'ARCE, VERNEIL ect. afin d'aider à mettre au monde le bébé qui demandait à venir vers la vie. Votre métier était un véritable sacerdoce, vos compétences, votre dévouement hors du commun étaient très appréciés dans la région. Lorsqu'une future Maman se trouvait en fin de grossesse, elle recommandait à son entourage, de vous contacter le moment venu. Chez vous, la cupidité et la vénalité étaient inconnues.

 

   

 

 

Blason de la ville de Vaas, origine ancienne, répertoriage 1531 de Tours et 1696 (d'Hozier)

 

 

 

Avec son emblème de baronnie

 

 

 

 " Couronné d'un cercle d'or, entouré d'un tortil de perles et de pierreries "

 " De gueules, à une fasce d'argent, écartelé d'argent, à un pal de gueules "

 

 

 

Le dévouement sans faille, l'altruisme et l'abnégation étaient vos qualités essentielles. Il n'existait aucune différence entre le milieu aisé ou pauvre où vous exerciez votre profession. La qualité du service était la même. Lorsque vous arriviez dans un foyer, où à cette époque,le confort était différent de ce qu'il est aujourd'hui, vous passiez parfois plusieurs heures près de la personne qui donnait la vie. Lorsque, dans les conditions de vie et d'hygiène de cette époque, on entendait le premier cri du petit être qui venait de naître, vous regardiez la Maman avec cette éternelle douceur qui vous caractérisait, en lui disant: " Félicitations, c'est un gros garçon ou une belle petite fille " Après vous êtes acquittée de votre tâche,vous recommandiez à la Maman d'être prudente, et que vous lui rendriez visite dès que possible, ce que vous n'oubliez jamais de faire. Vous étiez en plus de vos immenses qualités humaines, une personne de parole. Pendant la guerre, votre Mari, combattant antifasciste de la première heure, fut arrêté et interné dans un camp de déportation, d'où il ne revint pas. Bien que très affectée psychologiquement, vous continuiez votre profession avec le même courage. Vous vous déplaciez avec les moyens de transport de l'époque. Lorsque, par une journée d'hiver,(où le froid était très rigoureux) vous quittiez votre patiente, vous vous assuriez toujours que le point de chauffage (cuisinière à bois ou cheminée) soit activé, afin que la Maman et le bébé puissent se reposer avec une température acceptable. Quel beau geste d'humanisme !!! Je me souviens, à la fin des années cinquante, date à laquelle vous avez dû cesser votre activité, vous vous déplaciez avec une quatre chevaux Renault (voiture en vogue à l'époque) La Municipalité de VAAS décida un jour (et c'est tout à son honneur) de perpétuer votre souvenir. Une rue de cette commune fut baptisée " rue Germaine Alto, Hommage bien mérité. " Vous qui avez pris le temps de lire ces quelques lignes, si un jour vous visitez cette belle petite ville de Vaas, et que vous empruntez la rue Germaine Alto, que vous soyez laïc ou croyant, recueillez-vous ne serait-ce qu'un court instant, en vous rappelant que cette femme de petite taille, fut à son époque une grande dame, qui par son dévouement sans faille, et sa très grande probité, a contribué à l'honneur de notre région du sud de la Sarthe.

 

  

 

Claude Ribet

 

 

  

 

Blason de Notre Dame de Vaas

 

 

L'Abbaye Notre-Dame de Vedatio de l'ordre de Saint-Augustin avec

 ses attributs : la mitre et la crosse :

 

" D'argent à une fasce de gueules chargée d'un calice d'or "

 

  

 

 

 

En 1726, les chanoines réguliers de Prémontré prennent possession de l'Abbaye

 

" D'azur, semé de fleurs de lys d'or, à deux crosses d'argent posées en sautoir " .

 

 ( Ils tiennent le semis de fleur de lys d'or d'une concession faite par le roi Saint-Louis.)

 

 

  

Campagne d'autrefois

 

  

 

 

A cette époque, lorsque je descendais les rues du village vers huit heures et demi, pour aller à l'école, les foyers des deux forgerons de la commune, Monsieur Froget et Juignet étaient allumés depuis un bon moment . Les enclumes de ces deux artisans résonnaient par les coups de marteaux répétitifs qui frappaient l'acier chauffé à blanc, en l'allongeant, le coudant, l'étirant pour façonner où refaire un soc de charrue, ou tout simplement pour préparer les fers pour les chevaux. Il s'agissait d'un temps où notre commune d'Aubigné-Racan, essentiellement rurale, travaillait et évoluait aux pas des chevaux. Si, de nos jours, pour un agriculteur, cultiver dix hectares de terres, est insuffisant, à cette époque, il s'agissait d'une assez grande exploitation. Il existait, dans ces années là, une solidarité qui malheureusement a disparue. Au moment de la fenaison, il n'était pas rare qu'un cultivateur emprunte ou loue un râteau-faneur à son voisin. Pendant les moissons, certains agriculteurs qui n'avaient pas les moyens de posséder une moissonneuse-lieuse, l'empruntait sans problèmes à son voisin qui, lui en avait une. La solidarité était présente.

 

 

   

 

 

Je ne dis pas qu'il n'existait pas de petits différends, mais l'entraide était présente. Comment ne pas se rappeler des battages. Le machiniste arrivait à l'aube pour installer le matériel, les cultivateurs voisins venaient louer leur service, qui était rendu réciproquement. Chacun avait son poste de travail, celui qui se trouvait le plus haut perché sur le tas de gerbes qu'il passait une à une à son voisin situé plus bas, qui réceptionnait, coupait le lien et répartissait dans le haut de la machine. La paille était enlevée par une autre équipe, ne pas oublier les sacs de balle que l'on récupérait également. Le plus costaud de l'équipe chargeait sur son dos les sacs de blé de cinquante ou soixante kilos qu'il fallait déverser dans le grenier en gravissant l'échelle plus ou moins haute. La " Maitresse de maison " également aidée par les voisines, était présente très tôt pour la préparation des repas qui étaient particulièrement copieux, les entrées : traditionnelles charcuteries sarthoise - rillettes, pâtés de lapin, pâtés de campagne- présentées dans d'imposantes terrines en grès. Les plats de consistances, civets de lapin, volailles rôties , salade, fromages et les tartes maison copieusement arrosé avec le vin du pays, café et pousse-café.

 

 

 

 

L'effort demandé à tous ces braves gens qui se louaient de l'aube à la tombée de la nuit, était particulièrement récompensé sur le plan culinaire. Il faut avoir connu l'ambiance festive de ces repas pour en parler. Tout se déroulait dans la plus totale convivialité, où chacun y allait de sa petite histoire avec l'accent du pays si agréable à entendre. Ne pas oublier non plus les vendanges, qui s'effectuaient également dans un cadre festif et convivial.

 

 

 

 

 

 

Les vignes étaient présentes un peu partout dans notre région. Elles ont maintenant disparu, mais les caves sont toujours présentes, creusées dans le roc ( le traditionnel tuffeau), elles ont conservé le même aspect, et semblent attendre un propriétaire éventuel avec la vendange qui ne viendra plus. Puis au milieu des années cinquante, la mécanisation s'est rapidement installée. La transition s'est produite très rapidement. Un formidable bouleversement s'est opéré, les exploitations qui ont pu suivre, sont restées avec plus ou moins de difficultés, les autres ont disparu. Les écuries se sont vidées, et les tracteurs ont remplacé les chevaux. Les résonnements familiers des enclumes de nos deux forgerons se sont tus définitivement. On ne peut pas arrêter le progrès. Malheureusement, cette convivialité dont je parlais ci- dessus, a fait place à un repli sur soi, et à une certaine forme d'individualisme, c'est dommage ! … Je ne voudrais pas que le lecteur qui prend connaissance de ce récit, pense qu'il a affaire à un vieux " snock " qui larmoie sur un passé révolu, mais lorsque l'on a la chance d'être trois fois grand-père, je pense que, vis à vis des jeunes, si l'on veut qu'ils s'intéressent à l'instant présent, et que l'on est un peu soucieux de leur futur et de leur avenir, il ne faut pas hésiter à leur décrire le passé et de ses valeurs dont nous sommes tous les héritiers.

 

 

 

 

 

Sur cette photographie de 1928, mon père au milieu, mon grand père à genoux et un ami de ma famille.

 

 

 

Diaporama des photographies

 

 

  

Hommage à Jean Ferrat

  

 

 

 

 

  Au revoir Jean

 

  

Aujourd'hui,je suis triste, mon AMI JEAN FERRAT s'en est allé. Moi qui suis un laïc, je me sens incapable de dire adieu à un homme comme toi, tu as par tes œuvres, incarné, dit, et chanté de telles valeurs. Oui, tu avais raison, nul ne guérit de son enfance. Oui ,tu avais raison, la femme est l'avenir de l'homme. Oui, enfin ô combien tu avais raison, lorsque tu dénonçais le rejet de l'autre, le racisme et l'antisémitisme, toi, qui fut meurtri si jeune dans ta chair. Merci enfin, pour ne jamais avoir oublié le monde du travail où tu étais né, sans jamais tomber dans le sectarisme. Tu seras toujours l'excellent chanteur, compositeur et interprète de ma jeunesse. Ton franc-parler, et ta soif de vérité qui te faisaient pointer du doigt sur l'injustice, te valurent parfois quelques soucis, censures et mises à l'écart. Peu importe, tu as toujours su rebondir, et ton œuvre immense est bien là, présente, et comme ces milliers de personnes qui t'aimaient et t'appréciaient, je suis persuadé qu'au fil des ans, les générations des petits-enfants, voire des arrières petits-enfants, apprécieront à leur tour ce que tu nous a légué. Il sauront écouter, interpréter, chanter tes magnifiques chansons. Merci mon AMI JEAN, pour avoir si bien interprète, l'amour et la vie qui sont indissociables l'une de l'autre.

 

  Claude Ribet

 

 

 

 Hommage à Simone Veil

  

 

 Une Femme d'exception

 

   

Nous ne faisons pas partie de la même famille politique. Vous êtes une femme de droite, je suis un homme de gauche. Peu importe, je suis avant tout un Démocrate, un humaniste, et j'ai toujours rejeté la stupidité du sectarisme. L'intégrité, la rigueur et surtout la probité, au niveau des responsabilités politiques, doivent être reconnues et appréciées. C'est pourquoi, Madame, je pense, que je vous dois ces quelques lignes afin de rappeler la femme d'exception que vous êtes. C'est un honneur pour notre pays de vous rendre un hommage. Madame Simone Veil, qui a été confrontée à la " bête immonde" qu'était le fascisme hitlérien , qui a vu partir ses proches dans d'atroces conditions. Rescapée des camps de la mort, elle devint rapidement une Européenne convaincue. C'est de votre passage au ministère de la santé que je voudrais parler. Vous avez présenté, défendu et réussi à convaincre ce parlement composé d'une majorité d'hommes, afin de faire admettre, cautionner cette loi sur l'I.V.G. cette même loi qui plaçait la femme à l'égal de l'homme. Malgré les réticences, les attaques, les injures, à la limite du supportable, vous avez pu, par votre intelligence, et vos immenses qualités de persuasion, faire voter cette loi, grâce au soutien des voix de la gauche et des progressistes de droite. Les représentants de l'assemblée nationale, qui considéraient la femme avec un esprit moyenâgeux furent cloués sur place. C'est un honneur pour notre République de faire admettre une femme telle que vous à l'académie française. Que dire de vous Madame Veil, tout simplement BRAVO, et merci, pour ce que vous avez fait, pour votre combat sans relâche afin de supprimer cette injustice qui avait été faite aux femmes depuis toujours et, par l'adoption de cette loi qui les restituait à l'égal de l'homme. Mon ami Jean Ferrat qui, en reprenant un poème d'Aragon, avait dit dans l'une de ses chansons: La femme est l'avenir de l'homme, pour vous madame, combien il avait raison.

 

 

 

     Monsieur Obama

  

 

 

 

Tout comme ces millions de personnes, "imprégnées " d'humanisme et de justice, j'ai suivi, non sans émotion, l'investiture du nouveau Président Américain. Le grand MARTIN LUTHER KING avait déclaré un jour : " J'ai fait un rêve, où les hommes de bonne volonté, bousculeront tous les tabous, afin que chaque être humain, dans notre pays et dans le monde puisse avoir les mêmes droits, sans rejets et discriminations, quelles que soient les origines ethniques, raciales, ou philosophiques. Ce rêve vient de se réaliser à l'aube de notre vingt et unième siècle. Le pays d'ANGELA DAVIS, de ces immenses artistes que sont LOUIS ARMSTRONG, ELLA FITZGERALD, de LIONEL HAMPTON etc. Le pays de l'ONCLE TOM et de ROSA PARKS, cette courageuse femme noire, qui fut emprisonnée pour avoir osé refuser de cèder sa place à un homme blanc dans un autobus de DETROIT, c'était en 1955. Que de chemin parcouru, quel progrès et quels bonheur et satisfaction pour des millions de personnes comme moi qui se sont toujours mis en travers des idéaux xénophobes et racistes. Je me souviens encore aujourd'hui, à la fin de la guerre en 1944, lorsque, dans mon village, nous voyions passer des camions de soldats américains, pour l'enfant de six ans que j'étais à l'époque, j'avais demandé à mon Père : " Pourquoi nos amis américains sont-ils toujours séparés, alors qu'ils sont du même pays ? " Mon Père m'avait répondu : " tu es encore trop petit pour comprendre, un jour, tu te rendras compte de cette injustice " Bravo Monsieur OBAMA, malgré vos origines et votre couleur de peau, vous avez réussi à accèder à ce poste suprême, grâce à vos immenses compétences, et au soutien des millions de démocrates et progressistes qui croient en vous. Nous espèrons que vous combattrez l'injustice comme vous l'avez promis et que vous serez un artisan influent pour la PAIX.

 

  

 

Bonne chance Monsieur OBAMA, et ne nous décevez pas.

 

 

 

Claude Ribet


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LAICITE OU VAS-TU ?

 

 

Par Claude Ribet

  

  

 

 

Lorsque je rends visite à la Mairie de ma ville, on peut lire, comme dans toutes les Mairies de notre pays, le rappel de cette devise : LIBERTE , EGALITE, FRATERNITE. Permettez-moi aujourd'hui, de rajouter cette quatrième valeur : LAICITE. Il y a maintenant plus d'un siècle, que des responsables politiques et élus REPUBLICAINS, de la génération de nos arrières grands-parents, conscients que notre REPUBLIQUE était une et indivisible, eurent l'idée d'instaurer et d'appliquer cette valeur, qui s'est avérée, par la suite, être une réussite pour notre DEMOCRATIE. L'école publique obligatoire, gratuite, avec l'acceptation de tous les enfants, quelque soient les origines ethniques, politiques, philosophiques ou religieuses, dans la plus parfaite neutralité, et dans un respect réciproque. Ce système, a permis, l'accès aux études supérieures pour des enfants issus de milieux modestes, qui avaient des aptitudes pour l'école. Cela n'a pas été facile au départ pour faire appliquer cette loi. Il a fallu agir avec le recours de la force parfois, mais cette valeur a été établie, et elle est toujours présente de nos jours. Il faut rappeler que la LAICITE ne s'arrête pas aux bancs de l'école, elle doit s'appliquer dans la vie de tous les jours, et il est anormal d'adopter une position ou une attitude marginale, vis à vis du service public par exemple, et de la société en général. JEAN FERRAT dans l'une de ses chansons, disait : Cet air de LIBERTE au delà des frontières aux peuples étrangers qui donne le vertige....... Mais sur notre vieille terre d'accueil, aux accents REPUBLICAINS et LAIQUES, ne veut pas dire accepter tout et n'importe quoi.

 

 

Pourquoi je rédige ces quelques lignes en présentant ce point de vue ? Parce que, depuis quelque temps, une minorité de personnes, avec leur apparence et leur tenues vestimentaires qui ne ressemblent en rien à nos valeurs, se permettent de ne pas respecter les lois et règlements du service public, voire la LAICITE. Cet accoutrement, qui n'a rien à voir avec une sensibilité religieuse, et surtout pas avec la religion MUSULMANE. Face à cet état de faits, nos hommes politiques responsables actuels, toute tendance confondue, manque d'intransigeance vis à vis de la montée de cette forme de communautarisme, c'est anormal. Ne rien dire et laisser faire, c'est accepter que nos valeurs REPUBLICAINES soient bafouées et permettez-moi de dire : LAICITE ATTENTION DANGER ! Je pense un peu à vous monsieur MANUEL VALLS, qui avez écrit ce livre : la LAICITE en face, ouvrage que je recommande. Il suffit de lire les quelques lignes que j'ai rédigées précédemment, pour s'apercevoir que je suis quelqu'un qui combat le racisme et l'intolérance, mais je le dis, sans arrières pensées, notre système REPUBICAIN, ne peut accepter tout et n'importe quoi. A vous les élus politiques, de prendre vos responsabilités. Pour continuer mon récit, j'ai noué des liens d'amitié, depuis plus de trente ans avec une personne originaire de BEJAIA en KABYLIE. Je discutais avec lui sur ce sujet, cet homme de mon âge, qui a réussi des études d'ingénieur, profession qu'il a exercée dans une société de mécanique de précision dans la région parisienne. Il me dit à un moment donné: « tu sais Claude, j'ai connu l'époque coloniale, j'ai eu la chance d'aller à l'école, et lorsque, dès le départs, les instituteurs qui me formaient, s'aperçurent que j'avais un don pour les études, rendirent visite à mes parents qui, eux malheureusement étaient illettrés, en les persuadant qu'il fallait que je continue, et que j'accède aux études supérieures, qu'ils se chargeraient de me faire obtenir une bourse, étant issu d'une famille de dix enfants et de conditions extrêmement modestes. Cette aide précieuse m'a été particulièrement bénéfique pour réussir à accéder à cette situation que j'ai exercée toute ma vie. Crois -moi Claude malgré mes convictions MUSULMANES, je suis profondément LAIQUE, car à cette valeur, je dois beaucoup. » Ils sont des millions comme toi mon ami AMMAR , CATHOLIQUES, PROTESTANTS, JUIFS, MUSULMANS, a posséder ces sensibilités spirituelles et religieuses, tout en restant solidement « ancrés » dans les valeurs REPUBLICAINES et LAIQUES.

C'est pourquoi, en ce qui me concerne, je rejette toute forme d'amalgame, et je me refuse d'assimiler cette forme d'intégrisme dont j'ai parlé à telle ou telle communauté qui professe ses convictions religieuses avec sincérité. Comme toute personne de la base, je ne peux que constater, ce qui ne m'empêche pas de donner mes opinions, et de me retourner vers les élus de mon pays en leur disant : Soyez dignes de vos prédécesseurs, qui à une époque, où il existait beaucoup de traditions archaïques et de tabous, ont su, dans des conditions beaucoup plus difficiles qu'aujourd'hui, faire adopter cette loi sur la LAICITE, valeur qui nous a beaucoup apporté à tous et qui doit subsister dans son intégrité. Pour conclure enfin, FRANCOIS MITTERAND, avait dit dans un discours au parlement Européen, et il avait raison : « le nationalisme c'est la guerre » Je me permets de dire, que si la LAICITE est la cohérence et l'homogénéïté d'une société, le communautarisme, contribue toujours à terme à son éclatement.


Claude Ribet

 


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NON AU RACISME

 

 

NON AU RACISME

 

 

C'était en septembre 1944, la région d'AUBIGNE avait été libérée depuis peu. Dans le quartier du "Haut Perrin" où j'habitais, nous regardions passer un interminable convoi de camions Américains qui se dirigeait vers le "Pont de Coeur" afin de rejoindre la route du Mans. Tous les habitants du quartier étaient présents pour regarder de près nos libérateurs.Que pouvions-nous offrir à nos amis ? Nous n'avions pas grand chose après quatre ans d'occupation. A un moment donné, le convoi sembla s'étirer un peu, une jeep en profita pour s'arrêter près de nous. Un immense soldat descendit du véhicule, avec un sourire "éclatant". IL accepta le petit verre de "gnôle" que mon Père lui offrit.Il serra une multitude de mains, en essayant de se faire comprendre. Pour l'enfant de six ans que j'étais à l'époque, je détaillais cet homme jeune, que tout le monde accueillait avec tant d'enthousiasme. C'était un homme que je découvrais, et qui était tellement différent de nous. Il était " BLACK ". Ce jeune Afro-américain, vêtu de l'uniforme de l'armée des ETATS UNIS était là, présent, venu risquer sa vie, pour nous aider à libérer notre pays, et à recouvrer notre liberté. Le soldat ouvrit la petite boite à gants qui se situait dans la jeep, à la droite du conducteur, sortit un paquet de "Camel "qu'il offrit aux hommes qui se trouvaient là, une petite boite de café moulu (quelle aubaine pour des personnes qui n'avaient connu que de la chicorée en guise de café pendant quatre ans), et m'offrit un paquet de chewing-gum. Il nous fit de nouveau un grand sourire, nous salua,et repartit,avec ses deux autres frères de couleurs qui étaient dans le véhicule. Il m'est arrivé, bien souvent, par la suite de penser à cet homme. Qu'était-il devenu? Il s'était dirigé vers l'est, le plus rapidement possible (la victoire finale n'attendait pas). Peut-être avait-il connu la tragédie de BASTOGNE la nuit de Noël 1944. Lorsque j'apprends,ou que je constate, que de nos jours, des athlètes se font insulter, humilier,uniquement pour la couleur de leur peau,comme cela s'est produit récemment lors de certains match de foot,je voudrais dire, avec un sentiment de honte, avec un cri de colère et de dégoût, que ces personnes, gorgés de bière, et de haine, qui insultent,devraient, si toutefois ils le peuvent,méditer un peu,que la société où nous sommes, est constituée de personnes qui ont des origines différentes et que, même aux plus hauts niveaux(culturels,sportifs etc..) la barrière raciale est à bannir,que si la couleur de peau est parfois différente,celle du sang,elle,est universelle. Pour notre mémoire, aux jeux olympiques de BERLIN en 1936, le chancelier Hitler quitta la tribune, pour ne pas avoir à serrer la main du super athlète Américain: JESS OWEN (quatre médailles d'or olympiques), parce que c'était un homme de couleur. Ce petit fils d'esclave noir, venait de ridiculiser ses concurrents "de pure race aryenne" envers qui le fûrher avait placé tous ses espoirs. Face à cette ignoble attitude, ce geste inadmissible fut révélé comme une affaire bénigne et superficielle. C'était l'époque de l'excès de tolérance, face à la montée d'une idéologie dangereuse et du " laissez faire". L'aboutissement tragique, nous l'avons connu quelques années plus tard. Je ne voudrais pas que mon texte apparaisse comme un récit à connotations passéistes, mais pour argumenter, je me sens obligé de me référer à notre histoire, qui est incontournable. Pour conclure, tous ces "gugusses", qui n'ont rien à faire dans les tribunes d'un stade, qui déshonorent l'esprit du sport, doivent être dénoncés,poursuivis et châtiés comme ils le méritent, car la haine raciale ne peut apporter que le déclin d'une société.

 

Claude Ribet.

 

  

Veuillez commernter sur la première page des souvenirs d'un écolier d'Aubigné-Racan 1945/1946, ce qui vous évite d'ouvrir la page, cette note n'est donc pas comptabilisée


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