Du trader à l'€urotisme de la monnaie

L'aube du troisième millénaire vient tout juste de se lever et le trader demeure en ce début de nouveau siècle, le prédateur le plus redoutable. La virtualité elle même devient un agent de la terreur et rien ne réussi à endiguer cette force sourde et aveugle. La banque qui s'adonne à cette pratique désespérante subodore qu'il lui faudra à un moment critique encourir la réprobation ouvrière, salariale et que l'économie de marché, si elle est sincère ne peut guère proposer mieux que des constats de faillite, elle a bien raison de goûter par elle même l'amertume du monde. Le délit financier a-il une limite lorsque le vol est flagrant, on trouve plus fort encore, on banalise au nom du principe, de notre liberté chèrement acquise et de la valeur sociétale que l'on extermine à coups de touches de claviers et d'écrans d'ordinateurs. La politique avec son visage de saurien rusé a retourné sa veste sous les traits du trader, mais lequel d'entre vous peut comprendre si l'on veut bien se souvenir au cœur de ce corporatisme, que la banque des affaires et l'expert comptable mettent en avant de l'hypocrisie leur propre liberté d'autodidactes comme appartenance au petit peuple, alors même les politiques, ces derniers trahissent leur appartenance à cette religion de l'argent roi. C'est à la république de désigner ce qui brise le lien de justice, à commencer par la désertification fiscale et où la stérilisation de l'impôt sur la grande fortune exige un exode parfois trop limitrophe de la mortelle intolérance. Lorsque survient la fatale diaspora du Paradis fiscal, le bouclier fiscal s'émancipe dans le crime qui se copie colle dans l'abandon de la rigueur face à l'ignominie et bafoue l'honneur de la justice. L'homme a le droit de naitre et il devrait aussi avoir le droit de vivre, à quoi sert le travail rémunéré sinon par delà la joie à l'ouvrage, à maitriser l'ouvrage à son propre profit. Dans le capitalisme, le libéralisme ne tolère l'homme que parce que l'évangile de la vente à tout prix le rend apôtre de l'achat, alors au diable le marginal, le malade, l'handicapé, l'exclu, le fragile, on passe si vite et si cruellement du libéralisme au fascisme. L'autre branche, l'alternative rouge soviétique ne venait nullement au secours de l'humanisme, elle l'a suffisamment démontré durant 70 ans, elle qui n'hésita pas à recourir à toutes formes de violences et aux massacres collectifs au cœur du goulag. Et que vous dire sur les économistes, issus d'une généalogie complexe qui met l'accent souvent sur la construction individualiste de l'économie, il en faudrait dans toutes les banques, les églises, les temples, les mosquées et les prisons afin que les futurs auvergnats avides que nous sommes en gestation, y constatent que par delà nos différences sacrificielles, les prêches de ces nouveaux évangélisateurs, à l'heure où l'hyper-médiatisation des discours nous induis si fort à l'inaction consensuelle, nous avalise à la revendication légitime d'une dynamique qui met en tension l'État et l'individu. Les femmes et les hommes sont si fondamentalement humains et qu'ils méritent une égale exigence économique au delà du fait des inutiles tragédies boursières et qu'ils ont droit de justifier l'expression de leur revendication en terme de droit et de devoir. Pourtant chaque jour que Dieu fait, dans l'idéal de l'autre, je me suis toujours requis à m'identifier à des valeurs intrinsèques de liberté, parce que le mot existence n'est pas dire enchainé et ceux qui me connaissent savent que je suis fidèle à l'esprit de dissidence qui me fait tenir toujours debout quand d'autres se couchent. Sommes nous aujourd'hui dans ce qui n'est peut-être pas encore financièrement nommable et tandis que les traders chrétiens et juifs façonnaient le crack boursier de 1929 et qu'ils créaient Hitler en tant qu'homme politique, ils fusionnaient dans le nazisme leur incapacité dans leur voracité à ne devenir autre chose que du barbelé à la fumée des crématoires, cannibalisme de circonstance économique parce que la faim religieuse d'éternité leur agrandissait les yeux. Définir l'argent, c'est universaliser ce particularisme économique dont la fonction est tout autant de préserver son individualisme à défendre que d'en exclure ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette idéologie ainsi formée. J'aurais connu en ce siècle, une classe politique corrompue à la renonciation partagée à l'absoluité au profit des plus nantis. J'aurais connu des petits patrons voyous devenus maitres en fausses factures et je les aurais même vu devenir adjoints de mairie. J'aurais vu des ambulanciers voyous échapper à la justice, des médecins, des chirurgiens asservis à l'économisme amoral de la consommation par le profit mal acquis. J'aurais connu des ouvriers, des salariés, des femmes, des hommes, des enfants, ne plus tendre la main comme une formule élémentaire de politesse, mais dans celle de la mendicité dont l'Etat distributeur se fait le chantre d'une charité de la méritologie. Il faut une rage jouissive, théorique, pour développer l'€urotisme en soi, quand de cette monnaie commune, l'indifférence ou le mépris se manifeste d'une incroyable et inconcevable habilité à l'égard du plus riche et de la classe politique et l'emporte sur la justice au profit suicidaire. Je crains fort que les erreurs du passé ne soient devenues celles du passif dans ce présent des plus noirs méfaits et pourtant bien que les turbulences soient très fortes, précarité, de la pauvreté et de confier enfin aux générations montantes, les moyens non de la médiocrité, mais de la véritable liberté, celle du don de soi, au delà de son origine, de sa couleur ou de son appartenance religieuse ou politique.
































