La Sarthe, une terre des combats

 

 

 

Le château de la Motte Bron est enchâssé dans le village, il en absorbe à la fois toute la chaleur, toute la misère qui y règne et l'austérité des pauvres habitants qui vivent ici. Aout 1320, en cette saison où le soleil se veut brûlant, on attend fiévreusement la première naissance, la venue au monde de l'héritier du Seigneur Robert Du Guesclin. Une foule presque apeurée, compacte et silencieuse s'y presse et se faufilant entre les murs des humbles masures, les conciliabules font bientôt corps avec la foule, le nom tant attendu est enfin crié dans l'air par les hourras, c'est un garçon, Bertrand, l'héritier du Seigneur De Bron, Jeanne De Malmains met au monde son tout premier fils, une fratrie qui comptera six enfants. L'adolescent Bertrand Du Guesclin n'est pas beau, il est petit, court en jambe, son torse immense sur ses larges épaules, son physique est ingrat et il le sait. Volontiers bagarreur, Bertrand à de la force et il en joue, il défait ainsi tous ses rivaux par des prises aux corps, intrépide, frondeur et c'est alors qu'il participe malgré l'interdiction formelle de son père, à la joute du tournoi de la Place des Lices à Rennes, il a tout juste 15 ans. Armé Chevalier en 1357, Bertrand Du Guesclin homme de guerre passe au service du Roi de France, il est vainqueur à Cocherel (1364) sur les armées de Charles Le Mauvais. Bertrand Du Guesclin est nommé Capitaine Général du Duché de Normandie et il reçoit le Comté de Longueville. Bertrand Du Guesclin est fait prisonnier au cours de la bataille d'Auvray (1364). Après avoir payé une forte rançon, le Roi de France Charles V le charge de débarrasser le royaume des Grandes Compagnies. Bertrand Du Guesclin conduit ses hommes en Espagne au service de Henri De Trastamare. Vaincu et fait prisonnier à Najéra (1367), Bertrand Du Guesclin est délivré par une forte rançon, par la suite il remporte haut la main la victoire de Montiel qui assure le trône à Henri De Trastamare (1369). Nommé Connétable De France en 1370, il entreprend de débarrasser les anglais hors de France et mène contre eux une guerre de harcèlement en les poursuivant en Bretagne, Ile de France, Guyenne, Sarthe et en Champagne. Lorsqu'il meurt au combat à Châteauneuf de Randon, en Lozère, sa popularité est telle partout en France comme à l'étranger que le Roi Charles V, le fait enterrer à Saint Denis dans la Basilique des Rois de France. Bertrand Du Guesclin apprend que le général anglais Robert De Knowles et son lieutenant Thomas Grandson, se trouve entre Vendôme et Château du Loir sur les bords du Loir avec son armée de 30 000 hommes, c'est à ce moment que Bertrand Du Guesclin décide le siège du Mans. La notoriété du Dog noir de Brocéliande n'est plus à faire et les anglais ouvrent les portes de la ville et se dispersent ainsi dans toute la région. Il y a là près de 5000 soldats anglais dispersés entre Pontvallain, Aubigné (dont le nom Racan sera rajouté en mémoire du poète Racan), Vaas et le village du Lude où le lieutenant Thomas Grandson se trouve avec le gros de son armée. Profitant que le général anglais Robert De Knowles est absent du commandement, le lieutenant Thomas Grandson envoie un héraut d'arme à Bertrand Du Guesclin en guise de défi, il veut avoir à lui tout seul la pleine gloire d'avoir battu Du Guesclin, d'autant qu'il connait très bien Bertrand Du Guesclin pour avoir longtemps guerroyé, longtemps combattu contre lui, mais surtout d'avoir été fait son prisonnier, il a ainsi une revanche personnelle à prendre pour son image et pour son prestige terni. Bertrand Du Guesclin, rusé comme à son habitude, profite de la nuit au sortir du Mans, il fait un temps exécrable et la pluie en rafales qui n'en finit plus de tomber, si bien que les chemins de traverses sont défoncés par les ornières laissées par les carrioles de ravitaillement. Bertrand Du Guesclin est parti avec sa garde rapprochée de plus de cinq cent hommes, il est suivi non loin du Maréchal Arnoul D'Audrehem, commandant le corps principal de l'armée et de toute l'arrière garde avec à sa tête, le fidèle ami Olivier De Clisson. L'armée française traverse le village de Viré en Champagne, quarante huit kilomètres la sépare de l'ennemi anglais, elle traverse la Sarthe au dessus du village de Parçé. Au frais matin du 4 novembre 1370, le Grand Connétable de France arrive dans la plaine du Rigalet non loin du village de Pontvallain à neuf kilomètre de ma commune d'Aubigné-Racan, dépendant de la Châtellerie de Château du Loir, son château fort est entouré de douves, avec sa belle chapelle de la Faigne dédiée à la Vierge Marie, le château de Pontvallain a reçu pouvoir de haute, moyenne et basse justice. Profitant d'une accalmie des rafales de pluie, Bertrand Du Guesclin et ses hommes essorent leurs vêtements trempés, ils sont harassés et l'on mange de bon cœur les victuailles, charcuteries et pains apportés par les paysans du coin. Apprenant alors que plus de huit cent soldats anglais et leur lieutenant Thomas Grandson, campent dans la plaine du Rigalet, Bertrand Du Guesclin décide d'une attaque surprise. Décontenancé par la rapidité des français, Grandson ne peut prendre à revers l'attaque, il se retrouve aussitôt encerclé par le corps d'armée commandé par le Maréchal Arnoul D'Audrehem. Les anglais tous piteux s'enfuient à bride abattue, tandis que dans le bois de Fautreau l'anglais Orsele tente de rassembler les fuyards, ainsi rapidement D'Audrehem les en chasse, mais le soir à la nuit tombée plus de 2000 soldats anglais accourent au secours des derniers, les combats reprennent avec plus de force et intensité, d'autant que le brave Olivier De Clisson et ses cinq cent hommes viennent d'arriver, la lutte est acharnée, terrible et se termine à l'avantage des français. Les anglais se retirent au village de Vaas, à quatre kilomètres de ma commune d'Aubigné-Racan, au château même de Vaas et dans la chapelle de Tartifume, l'Abbaye de Vaas qu'ils occupent depuis longtemps, l'Abbaye a été fortifiée par les moines, créant ainsi une véritable et imprenable forteresse. Le lieutenant Thomas Grandson a engagé la lutte avec Olivier De Clisson, mais il finit par se rendre à ce dernier victorieux. Bertrand Du Guesclin arrive au village de Vaas ou il déniche les anglais de l'Abbaye et du château, après la défaite, Bertrand Du Guesclin se rend avec son armée près du village de Coulongé à 6 kilomètres de ma commune d'Aubigné-Racan, La Croix Brette, c'est en ce haut lieu chargé de l'Histoire de France, que le Grand Connétable De France fait inhumer ses morts et il y fait planter une croix en bois nommée Croix Brette en patois de la Sarthe, Croix des Bretons en français. La Croix Brette fut toujours fleurie, renouvelée, honorée par les habitants de Coulongé et de Pontvallain et cela jusqu'en 1828 ou monsieur Dubignon fit élever un obélisque en pierre qui porte l'inscription suivante : Ici. Après le combat de Pontvallain, en novembre 1370 Bertrand Du Guesclin de glorieuse mémoire, fit reposer ses fidèles Bretons. Un ormeau voisin sous lequel on éleva une cabane pour les blessés. une croix de bois plantée sur les morts ont donné à ce lieu le nom d'Ormeau ou de Croix-Brette. Français, que les dissensions intestines, que les invasions étrangères ne souillent plus désormais le sol de notre belle France. La victoire de Pontvallain sur les anglais, marqua de façon significative, la conscience française sur la réalité éminente de la fin de la Guerre de Cent Ans et quelques temps plus tard, le Grand Connétable De France délivra une après l'autre toutes les forteresses angevines obligeant ainsi de victoires en victoires, les anglais vaincus à se retirer en Bretagne, puis dans leur Île. Les combats contre les anglais dureront jusqu'en 1378. Aubigné-Racan, au château de Bossé, Madame la comtesse Isabelle de Baglion de la Dufferie et son frère le comte Jacques de Baglion de la Dufferie sont, comme tous les de Baglion de la Dufferie subsistants, les héritiers nobles de la maison du Guesclin comme descendants de Jacques-François de Baglion de la Dufferie qui épousa, le 12 février 1711, Charlotte-Madeleine du Guesclin, fille de René, marquis du Guesclin, seigneur d'Auvers et des Escoublères, descendant d'Olivier du Guesclin, cousin germain de Bertrand du Guesclin qui lui, malgré deux alliances*, n'eut pas de postérité" [* Bertrand du Guesclin épousa : 1. en 1364, Tiphaine Raguenel, fille de Robert Raguenel seigneur de Châtel-Oger (sans postérité) et 2. le 21 janvier 1374, Jeanne Marie de Laval de Montmorency, Dame de Tinténiac et de Chatillon (sans postérité)]

 

 

  

 

  

 

 

  

 

 

Le Château de Bossé à Aubigné-Racan

 

Site internet famille De Baglion

 

 

Je ne peux terminer mon article sans vous parler du célèbre Chêne de Bossé, du même nom que le Château de Bossé. Le chêne de Bossé sur la commune d'Aubigné-Racan, avec le chêne Bob, deux des plus célèbres chênes de la Vallée du Loir et de France. Aujourd'hui âgé de près de 500 ans, il est magnifique dans toute sa splendeur et même s'il a été blessé lors d'un orage et ayant perdu l'une de ses branches maîtresse, il est toujours là roi des arbres.

 

 

 

 

  

 

 

Circonférence au sol 8 mètres 50, et 7 mètres à 2,50 mètres du sol

 

 

 

J'ai filmé notre chêne pour vous donner un aperçu de sa hauteur, vous remarquerez ses racines au sol sont aussi grosses que le tronc d'un arbre, elles s'allongent dans la terre sur une belle distance de plus de trois mètres, son écorce se silexe, elle donne l'aspect de la pierre.

 



23-05-2010 | 5282 vues

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