Le peintre Théodore Boulard en Sarthe

 

 

 Je le rencontre un peu partout le peintre sarthois, sur la rue du village, dans la vallée, sur le chemin de traverse, entre la crête de la colline. En toute saison, sur le bord de la rivière et émerge son chapeau de paille, son chevalet en bandoulière. Dans sa muselière, le quartier de pain, le fromage de chèvre, le saucisson, la fillette de rouge. Il est le peintre avec sa couleur qui attend quelque part en lui en dehors du temps, dans ce lieu de paix où seule sa conscience en germination lui permet de faire fusionner la toile et les couleurs avec lui même. La peinture est pour moi le symbole du vivre tout autant qu'une source de vie, de force et sa lumière subtile distille en mon être, une énergie insoupçonnée dans tous mes membres qui l'abritent. Je le sais bien, l'âme voit si peu de peu de chose de la matière rendue invisible qui nous entoure et pourtant je sais l'aspect invisible de la matière rendu visible par la palette du peintre excite de beaucoup la curiosité, aussi donne t-elle toujours avec plaisir l'exercice de développement psychique qui constitue à elle seule la partie non moins significative de notre interrogation et permet par le raisonnement de comprendre le mécanisme d'intimité qui relie la peinture à la poésie, à la lumière. Le peintre manifeste son désir de peindre, afin de ne rien oublier de l'invisible matière, de préserver par la pâte ce que pourtant je ressens comme étant l'indicible. Quelque soit le peintre, l'énergie s'échappe drue du pinceau, étanche ma soif et préfigure ma réalité à atteindre les harmonies avec la nature qui m'entoure. Nous sommes des petits enfants encore dans le sentiment de la barbouille et cependant nous tressaillons à travers nos paupières encore closes, nous finissons par deviner la clarté inhabituelle de la couleur, nous la recevons à ce moment comme un flot de douceur ininterrompu en plein coeur et l'espace d'un instant nous sommes parcourus par le frisson, l'effluve de la lumière qui semble sortir de la toile du peintre et s'achemine lentement à l'intérieur de notre moi le plus intime, nous prenons conscience que nous ne sommes plus qu'un seul oeil avec le peintre, une conscience unique, déployée comme l'arc en ciel qui s'offre généreusement à la vie.  Ils ont pour noms nos peintres, Marcel Derulle, Bernard Kever, Michèle Touchard, Abel Roy, Jean Marie Gasse, Théodore Boulard ... etc. Théodore Boulard est né dans la ville du Mans le 19 juillet 1887, ses parents étaient des laïques convaincus, grand humaniste, son père appartenait aux hussards noirs de la République, mouvement qui était à l'instigation de Jules Ferry, c'était le surnom donné aux instituteurs sous la troisième république, ces hommes vêtus tout de noir répandaient dans les campagnes, les villages et les hameaux, les notions bienfaitrices de la laïcité, de la tolérance, le savoir à la portée de tous. Théodore Boulard intègre l'École des Beaux Arts du Mans où il a pour professeur et maitre Hervé Mathé et Maurice Loutreuil, un autre célèbre peintre sarthois né le 16 mars 1885 à Montmirail dans la Sarthe. De 1916 à 1914 il fréquente les Beaux Arts de la ville de Lesneven et de 1914 à 1919 celui de Fougère, l'année 1920 celui d'Aix en Provence. Théodore Boulard de 1921 à 1930 enseigne au lycée Georges Clémenceau de Nantes, il donne des cours à l'Académie Julian à Paris, il enseigne le dessin préparatoire aux grandes écoles, les fameux lycées Henri IV et Jeanson de Sailly. La technique Boulard s'inspire de la campagne, des personnages, de l'impressionnisme, il est de la trempe d'un Manet, d'un Degas, d'un Van Gogh, d'un Le Nain, d'un Renoir ou d'un Cézanne. Excellent musicien, Théodore Boulard obtient à l'âge de 12 ans, le premier prix de solfège et de violon du conservatoire de musique du Mans, il dirige des orchestres en tant que soliste au violon. Théodore Boulard artiste complet était à l'instar de son père, un excellent mathématicien, de sa passion pour la géométrie, il édite un petit traité de perspectives publié chez Monnoyer. Théodore Boulard meurt en 1961 dans son petit village sarthois de Saint Marceau, berceau de ses racines familiales. Aujourd'hui, Jean Claude Boulard, successeur de Robert Jarry, est Maire du Mans depuis l'année 2001, il est le petit fils de Théodore Boulard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auto portrait de Théodore Boulard par Lui même.

 

Diaporama des toiles de Théodore Boulard



04-06-2010 | 5514 vues

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