NON AU RACISME

 

 

NON AU RACISME

 

 

C'était en septembre 1944, la région d'AUBIGNE avait été libérée depuis peu. Dans le quartier du "Haut Perrin" où j'habitais, nous regardions passer un interminable convoi de camions Américains qui se dirigeait vers le "Pont de Coeur" afin de rejoindre la route du Mans. Tous les habitants du quartier étaient présents pour regarder de près nos libérateurs.Que pouvions-nous offrir à nos amis ? Nous n'avions pas grand chose après quatre ans d'occupation. A un moment donné, le convoi sembla s'étirer un peu, une jeep en profita pour s'arrêter près de nous. Un immense soldat descendit du véhicule, avec un sourire "éclatant". IL accepta le petit verre de "gnôle" que mon Père lui offrit.Il serra une multitude de mains, en essayant de se faire comprendre. Pour l'enfant de six ans que j'étais à l'époque, je détaillais cet homme jeune, que tout le monde accueillait avec tant d'enthousiasme. C'était un homme que je découvrais, et qui était tellement différent de nous. Il était " BLACK ". Ce jeune Afro-américain, vêtu de l'uniforme de l'armée des ETATS UNIS était là, présent, venu risquer sa vie, pour nous aider à libérer notre pays, et à recouvrer notre liberté. Le soldat ouvrit la petite boite à gants qui se situait dans la jeep, à la droite du conducteur, sortit un paquet de "Camel "qu'il offrit aux hommes qui se trouvaient là, une petite boite de café moulu (quelle aubaine pour des personnes qui n'avaient connu que de la chicorée en guise de café pendant quatre ans), et m'offrit un paquet de chewing-gum. Il nous fit de nouveau un grand sourire, nous salua,et repartit,avec ses deux autres frères de couleurs qui étaient dans le véhicule. Il m'est arrivé, bien souvent, par la suite de penser à cet homme. Qu'était-il devenu? Il s'était dirigé vers l'est, le plus rapidement possible (la victoire finale n'attendait pas). Peut-être avait-il connu la tragédie de BASTOGNE la nuit de Noël 1944. Lorsque j'apprends,ou que je constate, que de nos jours, des athlètes se font insulter, humilier,uniquement pour la couleur de leur peau,comme cela s'est produit récemment lors de certains match de foot,je voudrais dire, avec un sentiment de honte, avec un cri de colère et de dégoût, que ces personnes, gorgés de bière, et de haine, qui insultent,devraient, si toutefois ils le peuvent,méditer un peu,que la société où nous sommes, est constituée de personnes qui ont des origines différentes et que, même aux plus hauts niveaux(culturels,sportifs etc..) la barrière raciale est à bannir,que si la couleur de peau est parfois différente,celle du sang,elle,est universelle. Pour notre mémoire, aux jeux olympiques de BERLIN en 1936, le chancelier Hitler quitta la tribune, pour ne pas avoir à serrer la main du super athlète Américain: JESS OWEN (quatre médailles d'or olympiques), parce que c'était un homme de couleur. Ce petit fils d'esclave noir, venait de ridiculiser ses concurrents "de pure race aryenne" envers qui le fûrher avait placé tous ses espoirs. Face à cette ignoble attitude, ce geste inadmissible fut révélé comme une affaire bénigne et superficielle. C'était l'époque de l'excès de tolérance, face à la montée d'une idéologie dangereuse et du " laissez faire". L'aboutissement tragique, nous l'avons connu quelques années plus tard. Je ne voudrais pas que mon texte apparaisse comme un récit à connotations passéistes, mais pour argumenter, je me sens obligé de me référer à notre histoire, qui est incontournable. Pour conclure, tous ces "gugusses", qui n'ont rien à faire dans les tribunes d'un stade, qui déshonorent l'esprit du sport, doivent être dénoncés,poursuivis et châtiés comme ils le méritent, car la haine raciale ne peut apporter que le déclin d'une société.

 

Claude Ribet.

 

  

Veuillez commernter sur la première page des souvenirs d'un écolier d'Aubigné-Racan 1945/1946, ce qui vous évite d'ouvrir la page, cette note n'est donc pas comptabilisée



09-07-2010 | 392 vues

Partager


Poster un commentaire
Merci de recopier le nombre de gauche dans la case ci-dessous (Pourquoi?)

Liens

Voir les articles de la catégorie " Les souvenirs d’un écolier d’Aubigné-Racan 1945-1946 "
Imprimer cet article


patlesarthois@patrickdelaplacetrinquet.eu

 

http://www.patrickdelaplacetrinquet.eu

 


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Signaler un contenu | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion | Annuaire des blogs